Après avoir pris le nom de scèneChris the French Kiss et fait partie des groupes The Mighty Bop et Reminiscence Quartet à ses débuts dans le platinisme, il adopte, au milieu des années 1990, le pseudo Bob Sinclar, du nom du personnage incarné par Jean-Paul Belmondo dans le film Le Magnifique de Philippe de Broca (1973).
Au début des années 2000, il est considéré comme l'un des grands représentants de la house music. Il est à l’origine de succès internationaux et de projets parmi lesquels Africanism All Stars et Salomé de Bahia (avec notamment le single Outro Lugar), outre de nombreux remix. Son label, Yellow Productions, compte les artistes Dimitri from Paris, Kid Loco et DJ Yellow.
Alors qu'il est « GO tennis » au Club Med[6],[7] ou, selon ses dires, éducateur (professeur de tennis) à la mairie de Paris[8], Christophe Le Friant se lance dans la carrière de disc jockey en 1986, à l'âge de 17 ans. Il décroche des résidences dans diverses discothèques — au Palace, aux Bains Douches et au Queen (alors Studio 102) —, ce qui lui permet de se former aux platines tout en poursuivant des études de niveau BTS[9].
Co-création du label Yellow Productions
En 1990, alors qu'il est DJ au Palace, Christophe Le Friant rencontre DJ Yellow, alias Alain Hô, amateur de jazz et de funk et spécialiste de musique brésilienne[4],[10]. Celui-ci lui fait découvrir les originaux hip-hop des repiquages qu'il utilise aux platines. Se complétant l'un l'autre[10], tous les deux fondent, au début des années 1990, dans le quartier du Marais, le label Yellow Productions[9]. L'entreprise rencontre rapidement le succès d'abord avec des compilations puis leur propre production[10].
Spécialisé d'abord dans la soul, le hip-hop et l'acid jazz, le label va peu à peu s'élargir à la musique house[10]. Le Friant se cache alors sous le pseudos de « Chris the French Kiss »[11].
En 1996, il sort avec Dimitri from Paris l'album Sacrebleu, lequel fait un carton avec un demi-million d'exemplaires vendus[10]. La même année, l'album disco funk Homework des Daft Punk crée en France une dynamique dont profite Yellow Productions[9].
Adoption du pseudonyme Bob Sinclar
Le Friant imagine le concept « Bob Sinclar », reprenant le nom de l'espion de choc incarné par Jean-Paul Belmondo dans le film Le Magnifique de Philippe de Broca en 1973[12]. Cela ne devait être à l'origine qu'un seul et unique album, réunissant des titres de compositeurs et DJs anonymes, sous le pseudonyme général humoristique « Bob Sinclar », ne devant pas être pris au sérieux[10]. C'est DJ Yellow qui se produit sous le pseudonyme Bob Sinclar[10] et assure la promotion de l'album Paradise. Avec The Ghetto, My Only Love et Ultimate Funk[13], cet album fera de ses auteurs « les champions du monde d'une house bodybuildée, prompte à faire chavirer les dancefloors les plus endormis. »[14].
Décollage avec le titre Gym Tonic
Christophe Le Friant rencontre alors en Thomas Bangalter, membre du groupe Daft Punk, également directeur du label Roulé et membre fondateur du groupe Stardust, avec le tube Music Sounds Better with You. Dans un avion à destination de Miami pour la Winter Music Conference, Le Friant vend le concept-album Bob Sinclar à Thomas Bangalter et finit par convaincre ce dernier d'y participer avec un morceau[9].
De retour à Paris, Thomas Bangalter crée en une nuit le titre Gym Tonic avec la voix échantillonnée de Jane Fonda. Il le transmet à Christophe Le Friant en stipulant que ce morceau ne doit ni figurer parmi les autres titres compilés anonymement sur l'album concept Bob Sinclar, ni faire l'objet d'un tirage en single[15].
Gêné par l'accord qui le lie avec Bangalter, Christophe Le Friant accepte dans un premier temps de sortir Gym Tonic en maxi avec la mention prudente « For promotion only ». Le disque se retrouve en vente dans les bacs. Il est joué partout, sans l'accord de Thomas Bangalter, et sans que les droits d'auteur pour les morceaux échantillonnés aient été réglés. En effet, le repiquage de la voix de Jane Fonda a été utilisé sans l'autorisation de l'artiste américaine[16], tout comme le repiquage du morceau Bad Mouthin de la maison de disques américaine Motown. Les avocats sont alors actionnés de part et d'autre. La maison de disques Warner sortira une version bis de Gym Tonic, retravaillé par un DJ, et sans la voix de Jane Fonda[14]. Avec le titre de Thomas Bangalter (qualifié de remixersur la jaquette du disque), l'album Bob Sinclar décolle et lance la carrière de Christophe Le Friant.
En 2003, il enregistre l'album III, une production électronique, sur lequel se trouve The Beat Goes On et Kiss my Eyes composés avec Alain Wisniak.
Rupture avec Alain Hô
La même année, malgré une amitié de plus de quinze années et la belle réussite du label Yellow Productions, Bob Sinclar et Alain Hô se séparent[10]. Alain Hô/DJ Yellow ne se retrouve plus dans les proportions qu'a prit le label[10]. Quelques mois plus tard, DJ Grégory quitte lui aussi le label[18].
Love Generation, World, Hold On et Rock This Party
En sort Western Dream, assez médiatisé grâce au titre Love Generation, qui est le générique de la 5e édition de l'émission Star Academy dès la rentrée de . Un deuxième single le suit : World, Hold On en collaboration avec le chanteur britannique Steve Edwards en , puis Rock This Party avec Big Ali en juin de la même année.
What a Wonderful World
Sur le morceau What a Wonderful World, Bob Sinclar invite Ron Carroll, une grande figure de la scène house de Chicago connu en France pour avoir collaboré avec Superfunk en 2000 sur le morceau Lucky Star. What a Wonderful World est aussi le fruit de la collaboration avec Axwell, Bob Sinclar ayant apporté la mélodique et Axwell le côté club. L'accueil de cette chanson est mitigé, certains DJs internationaux ne passant plus ses musiques jugées trop « commerciales ». Le succès de l'album Born in 69 reste limité par rapport à son précédent album Soundz of Freedom[19].
En 2010, il fait une apparition avec Novak Djokovic et Gaël Monfils dans le clip du titre Hello de Martin Solveig et Dragonette servant de premier extrait à l'album Smash de Martin Solveig. Le clip se déroule un jour avant le tournoi de Roland Garros sur le court central et on voit Bob et Martin jouer au tennis. La même année, la marque de boisson Oasis fait appel à ses services pour remixer le titre Let's All Chant dans une de ses publicités[20].
Début 2012, le single Rock the Boat avec le rappeur Pitbull rencontre un certain succès.
Paris By Night
Le , Bob Sinclar sort son nouvel album Paris By Night (A Parisian Musical Experience). De nombreux morceaux de cet album contiennent des samples célèbres tels que A far l'amore comincia tu de Raffaella Carrà ou Le Avventure Di Pinocchio de Fiorenzo Carpi pour le titre Groupie[21].
Heart of Glass
En 2014, il produit le titre Heart of Glass, reprise du groupe Blondie, parue en 1978, interprétée par Gisele Bündchen, pour les besoins d'un spot publicitaire de la marque H&M[22].
I Believe
En 2018, il sort le single I Believe[23]. Le , il sort le titre Electrico Romantico en duo avec le chanteur britannique Robbie Williams.
I'm on my way
Le , il sort le single I'm on my way[24], enregistré avec le chanteur jamaïcain OMI pendant le confinement de 2020.
À l'occasion de la Journée internationale de la paix du , il réunit plusieurs centaines de personnes à un concert dans le stade Émile-Anthoine à Paris pour former une inscription géante, « Peace », qui est photographiée depuis l'espace par l'Agence spatiale européenne partenaire de l'événement, et retransmise en direct sur les écrans du concert[26],[27].
La production musicale de l'auteur s'est inscrite au fil du temps sous divers pseudonymes ou noms de scène, outre Bob Sinclar, le plus connu : il s'agit de Chris The French Kiss, Desmond K, La Yellow 357, Duncan, Mister B, Bob From Paris. Sa production poétique s'est faite sous le couvert du pseudo Ingrid De Lambre.
↑Bob Sinclar. Né natif ou pas ? Douarnenez est le berceau de la famille, op. cit. : selon son père, « Et il a toujours vécu à Paris, comme sa mère et moi. Il a passé toute son enfance dans le Marais. Il habite toujours ce quartier, où il a ses bureaux. »
↑ a et bOlivier Pernot, French Touch 100 : De Daft Punk à Rone, Le Mot et le reste, 256 pages, version électronique n. p. : « Christophe Le Friant se rêve en sportif professionnel : il est passionné de football durant son enfance et devient un tennisman confirmé […] ».
↑« Ils étaient GO », Macase.net : « Bob Sinclar (compositeur et D.J.) a été G.O. tennis ».
↑Stéphane Jourdain, French Touch : Des raves aux supermarchés, l'histoire d'une épopée électro, Le Castor astral, , 190 p. (ISBN978-2-8592-0609-3) : « Chris [Le Friant], ancien G.O. du club med, est un type qui a le contact facile […] l'ancien prof de tennis n’est pas du genre à entretenir des complexes, surtout d'infériorité. ».
↑(en) Biographie officielle de Bob Sinclar : « it was after watching Philippe de Broca’s French spy movie ‘Le Magnifique’ that the artist known as Bob Sinclar was born. »
↑ a et bStéphane Jourdain, French Touch. Des raves aux supermarchés, l'histoire d'une épopée électro, op. cit..
↑Biographie officielle de Bob Sinclar : « He quickly rose to fame on the back of his 1998 co-production with Thomas Bangalter, the Jane Fonda sampling ‘Gym Tonic’. »
↑(en), IMO RECORDS, Bob Sinclar Biography, imorecords.co.uk, 2012 : « It (Gym Tonic) featured the vocals of Jane Fonda, illegally taken from one of her fitness tapes. »
↑(en) IMO RECORDS, Bob Sinclar Biography, op. cit. : « He was also responsible for the project ‘Africanism’ where an ensemble of artists produced house tunes with a combination of jazz, Latin, tribal and African vibes entwined. »
↑Stéphane Jourdain, French Touch, Des raves aux supermarchés, l'histoire d'une épopée électro, op. cit. : « En 2003, Alain Hô quitte avec fracas Bob Sinclar. La fin d'une amitié de près de quinze. Et une belle aventure commune, le label Yellow Productions, devenu l'un des plus gros labels house au monde. Quelques mois après ce clah, DJ Grégory quitte aussi les studios de son acolyte Bob Sinclar […] ».
↑Bob Sinclar : « J'ai réalisé un rêve de gosse en m'installant en Californie » - Nicolas Tarka, France-Amérique Actualités, — « F.-A. : Le soir du , vous avez mixé place de la Concorde lors de la fête organisée pour l’élection de Nicolas Sarkozy. Acte militant ou coup de pub ? B. S. : Quand le président de la République vous appelle pour jouer, cela ne se refuse pas. Ma musique n’est pas politique, c’était une fête nationale, rien de plus. J’ai considéré, cela, ce soir-là, comme une incroyable reconnaissance pour les DJs. »