Yves du LiscouëtYves du Liscouët, seigneur du Liscouët en Boqueho fut un serviteur d'Henri de Navarre, puis s'illustra pendant les guerres de la Ligue où il fut un chef de guerre impitoyable Sa vieNé vers 1550 au Liscouët en Boqueho, protégé d'Henri IV, il épouse en 1579 Philippe Maridor, dame d'honneur de Jeanne d'Albret, reine de Navarre, protestante, dont il aura cinq enfants. Il s'est probablement converti par amour à la religion réformée (protestantisme)[1], mais cela reste controversé. Seigneur du Bois de la Roche en Coadout, il est nommé gentilhomme de la chambre du roi le , il est capitaine de 50 lances au camp de Mantes le et la même année nommé ensuite gouverneur de Saint-Brieuc et commande pour le compte d'Henri IV les "royaux" pendant la guerre de la Ligue en Bretagne. Il est nommé maréchal de camp le et tué le devant le fort de Crozon[2]. Le siège de CarhaixIl assiège et prend Carhaix en et y perd la main droite, ce qui le rend furieux. Le chanoine Moreau écrit : « les royaux, pour la grande tuerie qu’ils en avaient faite le jour précédent, pensant tout le pays vaincu, et ne croyant pas que personne davantage eût osé bouger, si bien qu’ils ne se doutaient plus de rien." Le combat qui s’ensuit est confus. Les paysans cornouaillais parviennent à entrer dans la ville, mais sont arrêtés par les tirs de mousqueterie. C’est alors que Liscoët, à la tête d’une troupe de cavaliers parvient à les contourner et à les attaquer sur leurs arrières. L’engagement est très meurtrier, mais les royaux en sortent vainqueurs et mettent en déroute leurs ennemis. Dans l’engagement, Yves du Liscoët a été grièvement blessé : "y eut la main droite entièrement coupée d’un coup de hache par le col du bras, et tomba ladite main à terre, et l’on assure que ce fut le prêtre Linlouët qui lui donna ce coup »[3]. Depuis, il fut surnommé "le manchot du Liscouët"[1]. Ses exactionsSe comportant plus comme un bandit que comme un chef de guerre, il assiège et prend Quintin en , Corlay le [4], Châteauneuf. Dans cette localité, il « y fit beaucoup d'insolences et de cruautés. Plusieurs des habitants et réfugiés y furent tués, les autres qui pouvaient payer rançon retenus prisonniers, et fit mettre le feu aux plus belles maisons de la ville, qui causa grande ruine » écrit le chanoine Moreau. Il prend un moment Tréguier et en 1594 Landerneau. D'autres chefs de guerre en même temps bandits écumèrent la région à cette époque comme Guy Eder de la Fontenelle, la Tremblaye ou Anne de Sanzay de la Magnane. Le pillage du manoir de MézarnouLe manoir de Mézarnou, entouré de douves, était au cœur d'un vaste domaine qui couvrait à l'origine 17 ha et était entouré d'un mur d'enceinte, fut pillé le par Yves du Liscouët pendant les guerres de la Ligue alors que son hôte, Hervé de Parcevaux, et cousin d'Yves du Liscouët, le recevait à souper, tuant deux domestiques et violant, avec ses hommes, les femmes présentes[5]. Hervé de Parcevaux fut emprisonné à Brest pendant deux semaines et libéré après le versement d'une forte rançon de 9 500 écus[6].
La paix revenue, Hervé de Parcevaux intenta en 1603 un procès à la veuve d'Yves du Liscouët. Dans sa requête il exposa toutes les circonstances du pillage et fit monter la valeur de ce qui avait été pris chez lui à la somme de 70000 écus. Ce procès dura longtemps, puisque 20 ans après, on voit Françoise de Parcevaux, petite fille d'Hervé, s'en occuper encore[8]. Le siège de MorlaixPendant l'été 1594 il participe au siège de Morlaix sous les ordres du maréchal d'Aumont, puis à l'automne à celui de la Pointe des Espagnols contre les Espagnols qui ont débarqué là et fortifié le fort de Roscanvel en soutien aux Ligueurs. Il fut tué la cinquième semaine du siège, le , s'y l'on en croit le récit du chanoine Moreau[3] du côté de Crozon[9]. L'église de Coadout près de Guingamp porte les armoiries d'Yves de Liscouët[10]. Notes et références
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